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mardi, 15 février 2011

Extrait de " Je te déteste " publié aux Éditions SLDS

« Bon ce n’est pas tout ça, je vais me mettre végétarienne, moi ! Quand je les vois ingurgiter leurs pièces de bœuf, je suis sûre que s’ils avaient à tuer la bête avant, ils seraient déjà moins nombreux autour du morceau de viande, que dis-je autour du cadavre, beurk… C’est répugnant, nous sommes répugnants. Le foie gras, ce fleuron de la gastronomie française, vous avez pensé au gavage des oies, c’est particulièrement dégueulasse ! Leur foie énorme est un foie malade et vous mangez ça. On serait en période de disette, encore, ce serait concevable. Mais en ce moment, quand la planète entière souffre d’obésité, que le diabète progresse et que la nourriture est gaspillée dans nos sociétés modernes de consommation sans fin ! C’est immonde tout ce qu’on avale. Vous ne pouvez pas arrêter de bouffer un peu ? Mais merde, jeûnez ! Cela vous fera du bien… Alors, elles étaient bonnes ces tripes ? me demanda-t-elle en tournant son regard résolument vers moi comme si elle venait de ne rien dire.

-Excellentes, répondis-je sur un air d’écolière vexée. Je ne suis pas d’accord avec vous, j’aime bien la bonne viande bien préparée, le foie gras et tout ce qui fait la fierté de nos recettes du terroir, toutes les spécialités culinaires goûteuses et savoureuses de nos régions et je ne me sens pas du tout répugnante, je me sens, bien au contraire, vivante, gaie et optimiste, voyez-vous ! »

Comme piquée par un taon, elle repartit soudain à l’assaut :

« Tiens, si je le gavais ce hideux imbécile comme on gave les oies. Je lui fourrerais ma haine et mon aigreur bileuse jusqu’au fin fond du gosier, que ça lui descende jusqu’au fondement, et qu’il en crève de constipation atroce ! »

Elle attaquait grave, la Maya, et pas dans la soie ni les fleurs en papier !

« Tiens, pour la peine, avance ton godet et bois donc encore un coup avec moi, ma belle ! Je te pardonne, tu es une sympathique, naïve, et belle fille ignorant que la vie t’a gâtée. Tu as bien de la chance, il en faut des gens comme toi pour que des malheureuses comme moi croient que le bonheur existe.

- Merci, dis-je en retirant mon verre avant que Maya en verse plus haut que le bord.
- Où en étais-je déjà ? Ah oui, le tuer serait la solution ! Tu ne peux pas m’aider, bien sûr mon petit, ni les autres d’ailleurs. Bois ! Vide ton verre ! Ça donne des idées ou ça saoule, mais dans les deux cas ça endort. Tu le sais ça, ma petite, que les idées et le vin saoulent ?
- Oui, oui, répondis-je avec détachement pour laisser tomber l’échange.
- Mais dis-moi, qu’est-ce que tu fais ici, t’as rendez-vous ? T’attends quelqu’un ? Un amoureux ? »


NB : Ce livre est épuisé ...enfin presque, il n'en reste que 19 exemplaires chez ma distributrice...

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