lundi, 14 septembre 2009

"Matins" d'Yves Goulm

Nouvelle journée qui commence. Le soleil n'est pas présent. Le ciel est de coton gris : L'air est pollué.

Pas envie de sortir, je vais rester à la maison et m'enfermer dans mon bureau. Je vais travailler, une fois n'est pas coutume. Je claque la porte et je me retrouve dans mon univers. Mon bureau est invisible, enfoui sous des piles variées : courriers, magazines, dossiers, manuscrits en souffrance et notes en tous genres. Les étagères sont prêtes à la rupture tant le poids des livres en attente de lecture s'entassent.

Il n'y a que mon fauteuil qui est libre.

Que vais-je faire de bien aujourd'hui ?

Mes yeux se promènent dans ce bureau dont le rangement apocalyptique me rassure.

La fin du monde est proche...ouf.

Je laisse mon regard s'enfuir sans le retenir. Il s'arrête sur le soleil.

Le soleil de "Matins" fait de l'oeil à mon esprit.

"Oui, bonne idée, je vais m'atteler à lire Yves Goulm."

 

matinsGOULM M.jpg
Roman

Albiana 2009
310 pages
Format : 14 x 22 cm
ISBN : 9782846982795

 

D'une main décidée, je saisis "Matins", je fais de la place sur ma table de travail afin de poser le livre pour pouvoir regarder le soleil en face, on n'y arrive pas comme la mort d'ailleurs mais bon j'ai des lunettes. Je m'assois confortablement, je pose les deux pieds au sol, je repose ma tête sur mes deux mains comme pour résoudre une équation, une énigme afin de réquisitionner toutes mes facultés pour lire Yves Goulm. C'est une position préventive car lire Yves Goulm ça peut donner la migraine, voir la nausée.

On ne lit pas Goulm comme n'importe quel auteur, enfin moi, je ne le lis pas comme n'importe qui.

Lire Goulm, c'est du boulot, ce n'est pas de la lecture pour un lendemain de cuite. On ne lit pas Goulm en dilettante, pour se distraire et s'évader avec les jambes en l'air et la pâquerette aux dents.

Non, lire Goulm c'est un travail et c'est mon travail d'aujourd'hui, de demain et d'après-demain...C'est un exercice, mot après mot, il faut mâcher longuement, déglutir pour savourer. C'est consistant, résistant, insistant.

C'est du nougat ça colle aux dents, aux gencives, cela peut écoeurer mais c'est bon, "mastiquement" et mystiquement bon.

Je lis à haute voix, je me reprends, je lis plusieurs fois.

La répétition initie.

Yves Goulm cherche un mot qui en aime un autre et moi je me délecte de l'union qu'il trouve.

 

Quelle torture! Quelle déchirure! Quelle moulure ! Que ce "Matins" !

 

Yves Goulm.JPG
Il y a du malheur dans son écriture et là, est la splendeur d'Yves Goulm
qui veut remplacer "Je t'aime" par "Je vous aime".
Réflexion faites ....ai-je bien compris ?

 

Lire aussi : http://www.albiana.fr/rub-septembre-2009-yves-goulm-matin...